En étau entre deux violences d’État, une population iranienne vulnérable et révoltée
Fariba Hachtroudi aurait dû rentrer d’Iran le lundi 16 juin mais l’espace aérien du pays avait été fermé trois jours plus tôt, à la suite de « l’attaque surprise » israélienne.
Elle était à Téhéran depuis un mois avec un agenda bien rempli : inauguration d’une bibliothèque francophone dotée par Mo-Ha, mise sur pied d’un projet de Prix Mathématique Mirzakhani-Hachtroudi soutenu par Cédric Villani.
Ces initiatives avaient reçu une adhésion enthousiaste des partenaires universitaires et scientifiques iraniens. L’enregistrement de la Fondation Mohsen Hachtroudi avait été également été relancé.

Université de Téhéran – Interview par Asia News après l’inauguration de la section francophone de la bibliothèque centrale.

Université de Téhéran – Devant l’amphithéâtre Mohsen Hachtroudi avant la réunion pour le Prix Mathématique
Ce voyage avait également un autre objectif : identifier sur le terrain les besoins urgents d’étudiants et jeunes artistes victimes de la répression du mouvement Femme Vie Liberté et toujours en grande difficulté. Mo-Ha devait aussi faire le bilan de l’aide apportée à la jeunesse estudiantine depuis deux ans grâce à la collecte participative (ici).
Fariba a pu s’entretenir longuement avec des activistes majeures des Droits Humains et du mouvement estudiantin, devenu souterrain mais toujours très actif.
Lors d’une des rencontres, le jeudi 12 juin, les représentantes d’étudiantes contestataires expulsées en 2023 de leur université ont exprimé toute leur reconnaissance à l’association et aux Français qui ont rempli la cagnotte de Mo-Ha. « Un soutien inestimable. Nous avons pu éviter un suicide, un mariage forcé et bien d’autres malheurs… » a affirmé l’une d’elles.

Rencontre avec les représentantes du collectif estudiantin soutenu par Mo-ha – Un moment d’émotion partagée
À trois heures du matin (vendredi 13) les bombes tombaient sur l’Iran, commençant une période de chaos dont les plus précaires, les plus vulnérables, ont été les victimes innocentes.
Les activistes prodémocratie, dont certaines ont passé de longues années en prison, ont condamné cette agression étrangère en violation des règles internationales ainsi que le silence voire l’acceptation tacite des pays occidentaux.
Fariba a dû quitter en urgence la capitale et s’est retrouvée bloquée en province, d’où elle a continué d’agir jusqu’à la coupure d’internet en témoignant sur les ondes internationales ainsi que sur X (pour la suivre : @FHachtroudi) et dans un entretien pour Paris-Match reproduit ci-dessous.
Un appel empêché : pour la libération immédiate de Cécile Kholer et de Jacques Paris
Une importante démarche a malheureusement été annulée de facto : un appel à la libération immédiate de Cécile Kholer et de son compagnon, Jacques Paris, rédigé par Cédric Villani. La lettre devait être présentée pour signature au Collectif national des enseignants du secondaire. Leur accord de principe était acquis grâce au courage inestimable d’un homme de conviction, soutien de longue date de Mo-Ha.
Après un voyage éprouvant de plus de 48 heures, Fariba est enfin arrivée en France le 23 juin via l’Arménie. Depuis son retour, elle intervient régulièrement sur les médias pour se faire l’écho de la frustration des jeunes Iraniens dépossédés une fois de plus de tout pouvoir sur leur destin.
« La guerre accable la population. Les bombes ont tué des dizaines d’innocents dont des enfants. C’est aux Iraniens d’arracher leur liberté. Nous, les jeunes, resterons le fer de lance de ce combat. Personne ne va nous voler notre victoire ! » s’indigne ainsi une responsable du Collectif d’étudiants soutenu par Mo-ha, jointe par téléphone après les bombardements.
3 articles sur l’attaque du 13 juin et ses conséquences sur la population
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