En Iran, une paix fragile pour une reprise de la résistance. En France, Mo-Ha porte la voix du peuple iranien.

Une femme marche dans une rue de Téhéran, en Iran, le 14 juin 2026.

Ce message d’un jeune étudiant depuis l’Iran confirme ce que Mo-Ha n’a cessé de rappeler depuis des années : la paix n’est pas l’opposé du combat pour les libertés, elle en est la condition essentielle.

Après la longue parenthèse meurtrière ouverte par la répression de janvier puis quarante jours d’un conflit destructeur, tout reste à reconstruire : restaurer la confiance, redonner voix à la société civile et rouvrir les espaces de dialogue.

Les fractures sont profondes. Le deuil est partout et les familles des victimes réclament justice. A juste titre, d’autant qu’arrestations et condamnations à mort n’ont jamais cessé. Le pouvoir judiciaire, leader de la répression, est bien le seul à être sorti indemne du conflit !

Face à l’arbitraire d’État, la jeunesse étudiante, engagée et citoyenne, continue à revendiquer dans sa grande majorité un combat pacifiste, légaliste et fondé sur les droits. Dans un contexte toujours plus dangereux, elle attend son heure pour reprendre sa résistance.

Mo-Ha se doit d’être à ses côtés. La jeunesse iranienne a plus que jamais besoin de notre soutien dans ce combat inégal.

Deux jeunes gens arrêtés lors des manifestations de décembre 2025 ont été exécutés à l’aube du mardi 16 juin. Javad Zamani et Abolfazl Saedi avaient été condamnés à mort pour « corruption sur terre », usage d’armes, destruction de biens publics et privés, complot contre la sécurité nationale.
Des organisations de défense des droits humains dénoncent des procès opaques à huis clos, fondés sur des aveux forcés et des cas de torture, et contestent la régularité de ces condamnations.

Javad Zamani et Abolfazle Saedi, deux manifestants exécutés le 16 juin 2026.

Exclusion et interdiction d’études pour sept étudiants d’élite de l’université Sharif (Téhéran) à la suite d’actions de protestation. Selon le collectif « Étudiants-Unis », Reza Dalman, Fatemeh Khakpour, Hossein Shadman, Sepanta Saeidi, Masih Bagheri, Fariborz Kohnzad, Parniyan Khodabakhshi ont été exclus ; et, pour certains d’entre eux, interdits d’études et d’inscription dans toutes les universités du pays par le comité disciplinaire de l’université.

Sept étudiants expulsés et interdits de poursuivre leurs études.
Ali Dalman a été expulsé de l’université et interdit de poursuivre ses études pendant quatre ans pour avoir accroché une poupée de souris (en référence au dictateur) à un arbre sur le campus universitaire.
À gauche : Maoz Inon ; à droite : Aziz Abou Sarah, auteurs du livre La paix est notre avenir.

« La paix régionale ne pourrait exister sans la voix du peuple iranien et son aspiration à la liberté et à la coexistence. Il est nécessaire de soutenir ses efforts en ce sens » a rappelé Fariba Hachtroudi à cette occasion.
Par cette prise de parole, il s’agissait pour la présidente de Mo-Ha de réaffirmer la position de l’association : La voix du peuple iranien est indispensable et incontournable pour la paix régionale.
La soirée, qui a rencontré un vif succès, avait été organisée par un tiers-lieu emblématique du pacifisme à l’occasion du lancement du livre « La paix est notre avenir » en présence de ses deux auteurs, l’Israélien Maoz Inon et le Palestinien Aziz Abou Sarah.

Couverture du livre La paix est notre avenir

Pour Mo-Ha, le peuple iranien doit au plus vite mêler sa voix à l’ébauche de dialogue israélo-palestinien. Une paix durable se construit ; elle exige l’engagement des sociétés civiles.
 

Fariba Hachtroudi, présidente de Mo-Ha dans Une soirée pour la paix au Moyen-Orient.

Cette initiative fait écho à l’engagement historique de Mo-Ha pour le dialogue entre les peuples et la création de ponts durables

« Sciences et arts sont les meilleurs vecteurs de communication entre les peuples. Cultiver la compréhension interculturelle et récolter la paix » Mohsen Hachtroudi 

Quelques actions marquantes de l’association en témoignent : le Prix littéraire Sud/Nord de Pondichéry (2012), la soirée Poésie et Mathématiques France-Inde-Iran à la Maison de la Poésie de Paris 2015), lancement de projets franco-iraniens d’Institut pluridisciplinaire Mohsen Hachtroudi ou de bourses mathématiques en 2018…


Affiche – Festival des Passeurs de Livres

« Chers Étudiants d’Iran, aujourd’hui une écrivaine nous a présenté vos conditions de vie et de travail et nous vous avons trouvés très courageux. Malgré toutes les répressions, vous n’oubliez jamais que vous êtes nés libres et que la liberté est un instinct naturel de l’être humain. Nous admirons votre force, votre courage et votre détermination face à tout cela. » Extrait du courrier d’une lycéenne d’Alès

Fariba Hachtroudi a pu une nouvelle fois concrétiser la force de cette ouverture à l’autre en animant début juin des ateliers avec des lycéens de première et de terminale, à l’invitation du festival Passeurs de Livres à Alès, dans le Gard. Le thème : la liberté ou la mort. Voici son compte-rendu d’une expérience d’empathie par-delà les frontières.

« Je n’ai d’amis que les jeunes. »

Fariba Hachtroudi parmi des lycéens / Alès – © 2026 Fabrice Jurquet

« C’est ainsi que j’ai engagé la conversation avec les lycéennes et lycéens, en paraphrasant mon père et Vladimir Jankélévitch. Leur écoute comme leur attention furent un cadeau. J’ai oublié le vacarme des guerres et des écrans qui l’amplifient.

Les films de Mo-Ha sur la jeunesse estudiantine iranienne qui se bat pour la liberté, résiste depuis des décennies au prix de sa vie sans renoncer au refus de la violence, ont bouleversé mes jeunes amis. Et le miracle a eu lieu comme toujours : la curiosité a laissé place à l’émotion, puis à l’empathie et à l’engagement.

Ils ont contribué à la cagnotte de l’association destinée aux étudiantes et étudiants iraniens et ont voulu écrire eux-mêmes à leurs camarades d’Iran.

Comment ne pas terminer par cet extrait de poème de Jean-Pierre Siméon, un autre grand ami des jeunes…

Jean-Pierre Siméon, extrait de « Chemins de liberté »
in Anthologie de poésie. Seghers 2026



Jean Ziehler (1934-2026)

Jean Ziegler, membre d’Honneur de Mo-Ha, vient de disparaître après une longue vie de lutte sans répit contre la violence du pouvoir financier et des souffrances qu’il engendre partout dans le monde. Son engagement constant en faveur des droits humains et de la dignité des peuples demeure une référence essentielle et un héritage vivant pour toutes celles et ceux qui poursuivent ces combats.


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