Iran : une tradition de répression contre les étudiants

Sa vie durant, feu professeur Mohsen Hachtroudi s’est dressé contre la répression des forces de sécurité de la Savak (forces de sécurité du Shah) à l’encontre de la jeunesse iranienne et des étudiants.

Lors d’une de ses conférences où il était question de la grandeur de l’empire Perse, Mohsen Hachtroudi conclut ainsi son discours :

« Si nous pensons qu’il nous suffit de glorifier le passé pour contenter la jeunesse iranienne des ossements de leurs ancêtres comme patrimoine et héritage, nous nous trompons lourdement… Si en revanche nous les encourageons à s’inspirer des brillants esprits scientifiques et artistiques du passé pour s’épanouir nous aurons fait notre devoir. Pour cela il faudrait aussi leur en donner les moyens. » M.H

Qu’aurait dit aujourd’hui le professeur Mohsen Hachtroudi, s’il était encore de ce monde, alors que des centaines d’étudiants sont arbitrairement emprisonnés à travers le pays.

Arrestations et détentions se multiplient

Amirhossein Moradi et Ali Younesi, (vous pouvez ajouter un commentaire de soutien en cliquant ici) jeunes lauréats des Olympiades mondiales d’astronomie et d’astrophysique 2016 et 2017 à Pékin, ont ainsi été arrêtés sans mandat le 10 avril 2020. Depuis près de dix-huit mois, ils se trouvent sous les verrous sans aucune charge précise. La date de leur procès a été retardée à plusieurs reprises et leurs familles s’inquiètent des conditions de leur détention.

Nous ne disposons pas de statistiques sur le nombre exact d’étudiants détenus ou qui ont perdu la vie lors des affrontements de rue ou dans les prisons.

Une chose est sûre : au cours des quarante-cinq dernières années, la seule réponse aux revendications des étudiants fut et reste la répression.

Peut-on être fier d’un passé, aussi glorieux soit-il, quand on sacrifie ainsi l’avenir de l’Iran ?

Des manifestations qui s’intensifient

Notre sélection d’images des manifestations qui secouent les universités iraniennes depuis des années, de Téhéran à Babol en passant par Hamedan et Tabriz, date de décembre 2018 à août 2020.

Fermeture des universités et interdiction formelle de tout rassemblement, sous peine d’arrestation immédiate, expliquent l’absence de vidéo pour l’année 2021, sans parler des restrictions sanitaires liées au Covid qui fait des ravages en Iran.

Références des vidéos.  :
  • « Compagnon écolier », Université de Téhéran, avril 2019.
  • « L’autobus de la mort », Université Privée de sciences et des technologies, décembre 2018. 
  • « Libérez Baharé Hedayat », Université Avicéne de Hamedan (Province de Fars), Janvier 2020.
  • « Non à la militarisation des campus », Université de Médecine de Tabriz (Azerbaïdjan) août 2020.
  • « Tous corrompus », Université Avicène de Babol (Province de Mazandaran) novembre 2019. 

Illustration de Bamdad Hoseinkhani

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