Mahsa Amini : Mort et acharnement

L’acharnement de la répression

Mehrshad Shahidi Nejad : un étudiant assassiné

Mehrshad Shahidi-Nejad, étudiant en sciences appliquées d’hôtellerie à l’université Amirkabir d’Arak est mort des suites de coups de matraque à la tête le 26 octobre.

Les autorités auraient refusé de remettre le corps à sa famille ainsi que d’effectuer une autopsie.

 

Rassemblements

Résumé des communiqués reçus de la semaine (21 au 29 octobre) :

La mobilisation générale des étudiants ne faiblit pas. Dans pratiquement toutes les grandes villes, du nord au sud du pays, les rassemblements continuent.

À Babol, Ispahan, Téhéran, Kerman, Chiraz les étudiants détruisent les cloisons de la non-mixité dans les réfectoires des universités.

Les slogans des étudiants qui scandent « l’étudiant mourra mais n’acceptera pas l’humiliation » se radicalisent. Ils dénoncent tout autant les abus des gouvernants, du Guide et du système corrompu de la théocratie militarisée que la force de l’inertie des planqués : « ceux qui baissent les bras sont des collaborateurs ». À l’université de Babol, les noms et raisons sociales des responsables universitaires qui ont « participé activement, main dans la main, avec les forces répressives pour mater les étudiants et les faire coffrer » sont affichés et communiqués par les réseaux sociaux.

Le président de l’université figure en tête de liste des « collaborateurs ». La solidarité des étudiants envers les ouvriers et enseignants grévistes s’intensifie.

« l’étudiant mourra mais n’acceptera pas l’humiliation »

Lors des visites « surprises » des responsables gouvernementaux les étudiants les interpellent, les houspillent sans ambages en dénonçant l’état des lieux de l’ensemble du pays.

À L’université Alameh Tabatabaï de Mazanaran, un porte-parole du ministère de l’Enseignement supérieur est accueilli par un cri de colère : « Pour chaque personne tuée, des milliers d’autres se lèveront ».

De même, Monsieur Djahromi, porte-parole du gouvernement s’est vu traité « d’assassin » à l’université Khajeh Nassir Toussi de Téhéran. « Nous ne voulons pas d’un système corrompu, ni d’invité assassin, porte-parole, dégage ! »

Notons également que malgré les arrestations continues des responsables estudiantines à travers le pays, d’autres prennent le relais faisant montre d’un professionnalisme organisationnel remarquable. Menaces, bastonnades et arrestations n’empêchant pas les étudiants grévistes à faire largement circuler des fascicules en ligne concernant les droits et la protection juridique de l’étudiant, avec énumération des clauses et statuts propres aux universités, alinéas compris pour chaque établissement. Cette stratégie démontre clairement ce que les étudiants clament avec force et vigueur : leur mouvement est pacifique, il respecte le cadre légal des règlements universitaires et du droit constitutionnel.

La réponse du régime est hélas toujours et encore la répression, qui se durcit. Le nombre de disparitions augmente. Certaines familles sont sans nouvelles de leurs enfants depuis des semaines. Les arrestations continuent à un rythme effréné.

Le plus inquiétant :

L’usage d’arme à feu dans l’enceinte et aux alentours des universités devient de plus en plus courant. Si à Téhéran les étudiants ont rapporté que les forces anti-émeute qui encadrent l’université n’interviennent pas dans les échauffourées entre bassidji (miliciens de la République islamique) et étudiants, ils précisent également que « l’armée invisible des agents en civil » se compte à présent par milliers à l’intérieur et aux alentours des universités dans un périmètre de plusieurs kilomètres. Munis d’armes blanches et de revolver ils s’immiscent dans les manifestations, blessent les étudiants, les menacent et s’introduisent parfois jusqu’aux portes des dortoirs pour les arrêter voire les kidnapper.

Le 24 octobre lors des manifestations à l’université technique de Hamadan en hommage à Nagin Abdalmaleki tuée le 12 octobre par les forces de sécurité dans cette ville, nombreux étudiants ont été gravement blessés.

Malgré ces tragédies, les étudiants iraniens imposent le devoir de mémoire pour que le monde ne les oublie pas.

Le parc au nom de Mahsa Amini à l’Université de sciences et technologies est une initiative estudiantine qui se résume à une pancarte portant le nom de Jinah (prénom kurde de Mahssa Amini). Elle a été plantée devant un parterre de fleurs du jardin de l’université. C’était à l’occasion du quarantième jour de sa mort causée par les coups de la police des mœurs.

« Une période unique dans l’histoire de l’Iran s’est ouverte dans le deuil de Jinah. Ce deuil a donné naissance à un mouvement et un espoir pour l’égalité des genres et la dignité. C’est un hommage à toutes les femmes qui se sont battues pour l’égalité et montrent que les victimes de l’oppression comme Jinah sont désormais immortelles dans la mémoire collective du pays. Dans un espoir de liberté et d’égalité. »

Aperçu des arrestations et cautions de la semaine

Portraits d’étudiants emprisonnés

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#étudiantsaveclepeuple.

Voir aussi :
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Mahsa Amini : Solidarité et étudiants en prison
Mahsa Amini : étudiants fichés et traqués

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